Vous êtes ici : AccueilActualités"La démocratie n’est pas uniquement le résultat des urnes, mais une éthique du vivre-ensemble où le droit à la différence est garanti et fait partie de l’ADN communal"

PUBLICATIONS À LA UNE

Bulletin d'information

Actualités

10-06-2022

Session d'information et d'échange avec les membres et le personnel du MNP

Lire la suite

07-06-2022

CNDH-UNESCO: Convention de partenariat pour la promotion de l'éducation à la (...)

Lire la suite

25-05-2022

Cameroun : le CNDH participe à l’animation d’un atelier de formation au profit (...)

Lire la suite
Lire toutes les actualités
  • Réduire
  • Agrandir

"La démocratie n’est pas uniquement le résultat des urnes, mais une éthique du vivre-ensemble où le droit à la différence est garanti et fait partie de l’ADN communal"

Intervention de Mme Amina Bouayach, présidente du Conseil National des Droits de l'Homme, lors des "rencontres internationales" organisées par la Fondation Mémoires pour l’Avenir, le 14 décembre 2019 à Essaouira.

"Permettez-moi tout d’abord de vous faire part de ma joie de participer à l’ouverture de « Rencontres internationales » organisé par la Fondation Mémoires pour l’Avenir.
Je m’en réjouis, d’autant plus que cet évènement a lieu à Essaouira, microcosme de la cité historique marocaine, humainement cosmopolite et culturellement riche et diversifiée. La ville d'Essaouira est digne de cet honneur non seulement pour sa valeur patrimoniale, mais parce qu’elle a vocation à incarner les valeurs de cette rencontre.
Au lendemain de la célébration de la déclaration universelle des droits de l'Homme, Cet évènement majeur réitère les espoirs et les engagements des acteurs des droits de l’homme, pourl’ancrage de la culture des droits humainset du dialogue interculturel qui constituent les fondements nécessaires à la paix.

Je salue, très fortement, votre initiative de soulever la question du dialogue et du vivre-ensemble. Ces sujets sont au cœur de nos préoccupations car, à l’échelle mondiale, les tensions identitaires, le renfermement culturel, les crispations conflictuelles et les extrémismes violents menacent de fragiliser les tissus sociaux, d’affaiblir les liens historiques intercommunautaires et civilisationnels. Et de limiter les actions en matière des droits de l’homme
L’enjeu est de taille.
Mais je suis persuadé que cette conférence prend déjà la mesure de l'ampleur des attentes et des responsabilités qui nous incombent, à nous tous, pour faire face aux dérives, au racisme, à la xénophobie et aux discours haineux.

« Réinventer Toumliline : consolider des espaces de débat et de dialogue » est, à mon sens, et à juste titre, un plaidoyer pour promouvoir les vraies valeurs de tolérance, de cohabitation etde citoyenneté constructive.

En effet, faut-il le souligner ?, ces idéaux sont les vrais piliers d’un «vivre-ensemble » démocratique et soutenable. L’expérience collective réinventée dans cette rencontre illustre un aspect essentiel de ce que l’historien Daniel Rivet appelle « la Personnalité historique du Royaume de Maroc».

Notre pays, qui est terre de cohabitation avec une identité plurielle, nourrie et irriguée autour d'affluents divers, nous appelle, chaque jour à veiller, tous, à la perpétuation de cette richesse que le contenu des droits de l’Homme vient étoffer et consolider davantage.

Mesdames et messieurs,

Toumliline est aujourd’hui devenue synonyme du monastère qu’elle abrita pendant des générations. Ecole, centre de conférences, dispensaire médical, université… Toumliline était tout ceci. Ayant su se faire apprivoiser par la population locale, les moines du monastère furent accueillis avec l’hospitalité coutumière qu’on lui connaît. 

En « vrai laboratoire d’idées », pour reprendre l’expression du philosophe François Martinet, habitué du monastère. Ce laboratoire ne se construit pas de novo, mais se nourrît de la longue tradition de curiosité, de fraternité, et de modération berbères. Emerveillés par la chaleur et la joie de vivre des habitants, les moines du monastère ont su montrer comment la religion éclairée, pouvait assouvir la soif de connaissance de tout Marocain, et comment le service de l’autre pouvait unir et réunir.

Ayant décidé d’adopter une attitude de neutralité constructive vis-à-vis de la politique française dans le Maroc de l’indépendance, l’esprit du monastère retrouvait sa placenaturelle dans l’identité nationale, qui est celle de tolérance, d’amour de l’autre et de modération.

Le CNDH espère, à travers son institut de Rabat Driss Benzekri pour les Droits de l’Homme, pouvoir s’inspirer de l’esprit de la philosophie de Toumliline, dans le but de fonder un vrai espace de débat où non seulement les chercheurs et les experts, mais tout citoyen peut débattre, innover et communiquer, sans tabou ni entrave, sur les grandes questions des droits de l’homme. Notre ambition est d’apporter une lecture et une réponse maroco-marocaines aux grandes mutations que connaît notre pays depuis le début ce millénaire. 

Mesdames et messieurs

Riche de ses acquis et réalisations, le Conseil national des droits de l’Homme s’appuie sur une nouvelle dynamique, lancée depuis 2019, portée par une approche Triple P , c’est-à-dire une action de Préventive conjuguée à la Protection des droits et des libertés et à la Promotion des valeurs de la citoyenneté et de la culture des droits de l’Homme.

Les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l’intolérance sont des axes transversauxauxquels cette nouvelle approche doit répondre.

Ainsi le CNDH, convaincu de l’importance de la stratégie à long terme relative à la notion de vivre ensemble, encourage l’adoption et la mise en œuvre d'un plan d'action national de lutte contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance qui y est associée, conformément à la Déclaration et au Programme d'action de Durban.

Cette responsabilité découle de la responsabilité de l’individu, de celle de la communauté et de l’Etat

Mesdames et Messieurs,

La démocratie n’est pas uniquement le résultat des urnes, mais une éthique du vivre-ensemble où le droit à la différence est garanti et fait partie de la l’ADN communal.
Le vivre-ensemble ne se décrète pas, il se construit. C’est dans les esprits que les préjugés et la stigmatisation naissent et c’est sur les esprits qu’il faut donc agir. 

Il ne suffit pas se mettre en place des institutions et concrétiser des engagements avec les mécanismes internationaux des droits de l’Homme pour relever les défis innombrables de ce chantier. ; le travail sur les mentalités et les comportements reste incontournable.

Le CNDH accorde une importance capitale à l’ancrage et à la diffusion de l’ensemble de ces valeurs notamment aux enfants et aux catégories jeunes de notre population.

Chers Amis ;

Je vous sais réceptifs à notre engagement déterminé, celui de tous les instants, en faveur de la protection et de la promotion des droits de l’Homme. Fédérer et mobiliser les efforts n’est en aucun cas envisageable, bien entendu, si ce n’est aux côtés des divers partenaires et acteurs multiples impliqués dans cette thématique complexe.

J’espère que mon propos n’a pas été trop long et vous remercie pour votre écoute et votre patience.

 

Haut de page