Vous êtes ici : AccueilEnquête sur les hommes et l’égalité des sexes : Driss EL Yazami, ‘Le patriarcat est encore vivace et bien agissant dans la société, mais s’achemine vers une crise irrévocable’

PUBLICATIONS À LA UNE

Bulletin d'information

Actualités

04-06-2018

Mondial 2026 : la Task force salue le rôle du CNDH suite à la réalisation d’une (...)

Lire la suite

31-05-2018

Forum des droits de l’Homme du Festival Gnaoua : L’impératif d’égalité

Lire la suite

26-04-2018

Le CNDH et la Gendarmerie Royale organisent une session de formation sur le (...)

Lire la suite
Lire toutes les actualités
  • Réduire
  • Agrandir

Enquête sur les hommes et l’égalité des sexes : Driss EL Yazami, ‘Le patriarcat est encore vivace et bien agissant dans la société, mais s’achemine vers une crise irrévocable’

‘Le patriarcat est encore vivace et bien agissant dans la société et les représentations mises en exergue par cette enquête le démontrent’, les propos sont ceux du  président du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) qui commentait ce mardi 27 février 2018 les résultats de l’enquête IMAGES sur les hommes et l’égalité des sexes dans la région de Rabat-Salé-Kenitra réalisée par le bureau régional d'ONU-Femmes pour les États arabes, en collaboration avec l’Association migration internationale (AMI) et Promundo (association brésilienne qui œuvre en faveur de la promotion de l’égalité homme-femme) et avec l’appui financier de l’Agence suédoise de coopération internationale au développement (SIDA).

Les résultats de cette enquête ont en effet démontré que les clichés en matière de genre ont la peau dure et que les hommes ont une perception largement patriarcale des rôles au sein du ménage. En effet, l’enquête a révélé que 70% des hommes enquêtés considèrent que la responsabilité la plus importante des femmes est de s’occuper de la maison et que l’homme devrait avoir le dernier mot dans les décisions de ménage. Plus encore, les hommes se considèrent comme responsables des femmes, puisque plus de 75% d’entre eux estiment avoir un devoir de tutelle à leur égard.

La situation est d’autant plus préoccupante dans le sens où près de la moitié des femmes questionnées s’accordent sur le fait que les femmes doivent être avant tout des mères et des femmes au foyer, ou que les hommes doivent avoir le dernier mot dans les décisions. Si près de la moitié d’entre elles rejette l’idée du devoir de tutelle des hommes, en revanche, 80% affirment qu’une femme non mariée a, comme les hommes non mariés, le droit de vivre seule (contre 53% des hommes) et 89% (contre 77% des hommes) revendiquent la même liberté de naviguer sur internet que les hommes.

Dans la foulée de cet esprit patriarcal, plus de 60% des hommes pensent qu’il est important que les hommes soient « durs ». La violence à l’égard des femmes apparaît dans le fait qu’un peu plus de 6 hommes sur 10 hommes et de 4 femmes sur 10 sont d’accord ou tout à fait d’accord avec la déclaration selon laquelle « une femme devrait tolérer la violence pour maintenir sa famille unie ». En revanche, moins de répondants disent qu’une femme « mérite parfois d’être battue », près de deux cinquièmes des hommes (38%) et un cinquième des femmes (21%).

Dans ce même cadre de la violence faite aux femmes, 60% des hommes pensent qu’une femme violée devrait épouser son violeur (48 % des femmes) et qu’un mari qui force son épouse à avoir des rapports sexuels ne doit pas être poursuivi pour 66 % des hommes et 46 % des femmes.

Concernant l’autonomisation économique des femmes, 54% des hommes questionnés (confirmé par 53% des femmes) estiment que, pour les femmes, le mariage est plus important que la carrière professionnelle. Ceci se traduit logiquement par le fait que 73% des hommes et 71% des femmes pensent que lorsque les opportunités d’emploi sont rares, les hommes doivent pouvoir y accéder avant les femmes.

Outre les données quantitatives, l’enquête s’est intéressée aussi au volet qualitatif en procédant à une analyse du modèle de masculinité et à l’identité des femmes, qui sont en cours de reconfiguration et de mutation en dépit des résistances des femmes et des hommes.

L’enquête a conclu à l’existence ‘de dynamiques contradictoires, de stagnation/régression et de progrès’. Dans ce cadre, elle a considéré que ‘le modèle patriarcal sur lequel étaient fondées toutes les relations sociales est en train de se fissurer et cela se traduit en particulier par une crise de la masculinité ou en tout cas par une évolution de cette masculinité’. En d’autres termes, et comme l’a souligné le président du CNDH dans son analyse des résultats de l’enquête, ‘le patriarcat est entré dans une crise irrévocable en raison des mutations profondes’ que connait la société marocaine.

 

Télécharger le résumé de l’enquête IMAGES.