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Colloque international sur l’éthique de l’intelligence artificielle : Amina Bouayach, «Nous sommes convaincus de la contribution du digital et des systèmes de l’IA à l’accès aux droits »

« Le CNDH est convaincu de la contribution du digital et des systèmes de l’IA à l’accès aux droits, mais conscients des impacts sur la vie privée, les discriminations envers les femmes, les races et leurs couleurs, les personnes en situation de handicap, etc ». Les propos sont de la présidente du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), Amina Bouayach qui intervenait, le 22 juillet 2022, à la session d’ouverture du Colloque international sur « l’Éthique de l'Intelligence Artificielle (IA) : des standards émergeants aux perspectives de mise en œuvre ».
 
Lors de cette rencontre de deux jours, Mme Bouayach a affirmé que le CNDH est très attentif aux enjeux de l’espace numérique, d’abord, comme étant un espace de protection et de promotion des droits humains et aussi, comme un espace de chambres d’écho et de diffusion de discours d’incitation à la haine, à la discrimination, à la violence, etc.  « Autrement dit, un espace, de diffusion, d’une culture, fondamentalement, opposée et contraire aux droits de l’Homme », a-t-elle dit.

Mme Bouayach s’est également interrogée sur les moyens possibles pour mettre en place des règles déontologique, en vue de réduire l’impact et les retombées des systèmes de l’IA sur les droits de l’Homme en général et surtout sur les catégories vulnérables en particulier.

Pour sa part, M. Abdellatif Miraoui, ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation a souligné que l’IA est une nécessité impérieuse qui a beaucoup de bienfaits et qui va transformer notre vie, mais qu’il va falloir réglementer pour trouver le cadre le plus humain possible.

Par ailleurs, et s’inscrivant en droit ligne des recommandations du CNDH en matière d'intelligence artificielle, M. Miraoui a annoncé l'introduction de l'enseignement de l'éthique et des droits humains dans les filières techniques et technologiques de l'enseignement supérieur.

De son côté, M. Karim Hendilli, Directeur par intérim du bureau de l’UNESCO région Maghreb, a mis l’accent sur l’implication de l’organisme onusien dans le domaine de l’éthique de l’IA ainsi que sur l’importance de l’IA pour réduire les inégalités partout dans le monde, en soulignant que les femmes restent minoritaires dans le domaine des nouvelles technologies, puisqu’elles ne représentent que 22%.

Pour sa part, M. Omar Seghrouchni, Président de la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel (CNDP), a mis en avant la vision du Maroc pour la protection des données à caractère personnel et la vie privée en relation avec l’IA tout en appelant à la protection du citoyen(ne) au sein de l’écosystème numérique.

Abondant dans le même sens, Sarah El Amrani, Directrice des études communication et coopération au ministère de la transition numérique et de la réforme de l’administration, a mis la lumière sur l’importance d’accompagner l’évolution des nouvelles technologies et d’appuyer tous travaux ayant pour objectif de mettre les systèmes d’Intelligence Artificielle au service de l’humanité, des individus, des sociétés, de l’environnement et des écosystèmes.

En évoquant le rapport du Conseil économique, social et environnemental (CESE) sur la transition numérique au Maroc, M. Amine Alami, membre du CESE, a rappelé que le premier cours d’IA au Maroc a eu lieu en 1989 mais elle n’a pas connu, en tant que discipline, l’évolution qu’elle devait avoir dans le développement technologique du pays. A cet égard, il a appelé à l’intégration du bon usage de la nouvelle technologie de l’information dans nos écoles en enseignant les valeurs du respect des droits humains.

Ce colloque vient couronner de larges consultations, lancées depuis plus de trois ans, auprès des parties prenantes sur les questions relatives à la protection et la promotion des droits de l’Homme dans le domaine du digital et l’intelligence artificielle. Il réunit des intervenant(e)s en provenance d'Afrique, d'Amérique du Sud, d'Amérique du Nord et d'Europe dans l'objectif de discuter plus en détail des normes et outils disponibles à même d’évaluer le développement d'une IA qui respecte et protège les droits et libertés fondamentaux.

Il convient de rappeler qu’à l’occasion de cette rencontre, le CNDH a également publié les actes du séminaire international sur “l’intelligence artificielle et droit de l’Homme” organisé le 3 décembre 2021 qui a été couronné par l’adoption de la Déclaration de Rabat sur “l’intelligence artificielle et la citoyenneté numérique – Pour une Intelligence Artificielle respectueuse des droits de l’Homme” et la constitution du comité scientifique chargé d’accompagner, orienter et soutenir la mise en œuvre des recommandations annoncées dans ladite déclaration.

Ce colloque est organisé en collaboration avec l’UNESCO, l’Agence de Développement Digital, le Centre National de la Recherche Scientifique et Technique, l’Université Mohammed V de Rabat, l’Université Mohammed I de Oujda, l’Université Ibn Tofaïl de Kénitra, l’Université Abdelmalek Essaâdi de Tétouan, l’Université Cadi Ayyad de Marrakech, l’Université Mohammed VI Polytechnique de Rabat-Benguerir, Artificial Intelligence Movement, Policy Center for the New South, l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah de Fès, et l’Université Euro-Méditerranéenne de Fès.